LAnsar Auto : de nouvelles questions autour de 27 véhicules acquis par la Primature

L’affaire opposant LAnsar Auto, dirigée par Mahmadane Sarr, à l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) connaît un nouveau développement. Lors d’un point de presse, les représentants de la société ont présenté de nouveaux éléments concernant notamment 27 véhicules acquis par la Primature auprès de l’ONRAC.

Selon LAnsar Auto, 88 véhicules appartenant à la société auraient été officiellement saisis. Le chiffre de 97 véhicules, avancé dans de précédentes communications, s’expliquerait notamment par la prise en compte de véhicules liés à des établissements bancaires et de 21 véhicules correspondant à une commande de la Direction du matériel et du transit administratif (DMTA).

Trois ventes aux enchères

Les représentants de LAnsar Auto affirment que l’ONRAC a organisé trois ventes aux enchères concernant des véhicules de la société.

La première, le 8 mai 2025, aurait porté sur 14 véhicules vendus pour 513,5 millions de francs CFA, contre une valeur estimée à 814 millions par LAnsar Auto.

La deuxième, le 18 septembre 2025, aurait concerné 10 véhicules pour un montant de 262 millions de francs CFA, alors que leur valeur était estimée à 459 millions.

Enfin, six véhicules auraient été vendus lors d’une troisième opération, le 31 mars 2026, pour 161 millions de francs CFA, contre une valeur estimée à 241 millions.

Au total, ces trois ventes auraient donc concerné 30 véhicules.

Dix véhicules toujours recherchés

En se basant sur les 88 véhicules officiellement saisis, LAnsar Auto établit le décompte suivant : 30 véhicules vendus aux enchères, 21 véhicules récupérés par la DMTA et 27 acquis par la Primature.

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Selon ce calcul, dix véhicules resteraient à identifier.

Les représentants de la société affirment avoir poursuivi leurs recherches et avoir constaté que certains véhicules auraient été immatriculés au nom de personnes physiques ou morales. Ils demandent que des explications soient fournies sur leur destination et les conditions de ces immatriculations.

Les 27 véhicules de la Primature au cœur des interrogations

Le sort des 27 véhicules acquis par la Primature constitue l’un des principaux points soulevés lors du point de presse.

LAnsar Auto affirme que 17 de ces véhicules auraient reçu une immatriculation administrative (AD). Les dix autres auraient, selon la société, été immatriculés au nom d’entreprises ou de particuliers. Deux ou trois véhicules seraient, toujours selon ses représentants, restés enregistrés au nom de LAnsar Auto.

Ces éléments, qui reposent sur les investigations revendiquées par la société, devront toutefois être confrontés aux documents administratifs et aux explications de l’ONRAC et des services concernés.

LAnsar Auto conteste le cadre juridique de l’opération

Au-delà de la question des immatriculations, LAnsar Auto soulève une interrogation sur le cadre juridique de l’acquisition des 27 véhicules par la Primature.

La société soutient que les véhicules saisis puis cédés dans le cadre des procédures de recouvrement sont considérés comme des biens d’occasion. Elle estime que la réglementation applicable aux administrations publiques ne permettrait pas à l’État ou à ses démembrements d’acquérir ce type de véhicules auprès de l’ONRAC.

LAnsar Auto demande ainsi aux autorités compétentes de préciser les textes et procédures ayant encadré cette opération.

À ce stade, il s’agit de la position défendue par la société. La portée juridique de ces arguments devra être appréciée au regard des textes applicables et des éventuelles explications des autorités concernées.

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Mahmadane Sarr toujours au cœur du dossier

Les représentants de LAnsar Auto sont également revenus sur la situation judiciaire de leur directeur général, Mahmadane Sarr.

Selon leurs déclarations, celui-ci est placé sous mandat de dépôt depuis le 13 janvier 2025 et poursuivi notamment pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics pour un montant annoncé de 13,6 milliards de francs CFA, ainsi que pour faux et usage de faux en écriture publique et privée de banque.

Ces accusations sont contestées par Mahmadane Sarr et par LAnsar Auto, qui affirment notamment que la société avait travaillé avec l’État du Sénégal et disposait de documents délivrés par les autorités compétentes.

À travers ce nouveau point de presse, LAnsar Auto dit vouloir attirer l’attention des autorités, des journalistes, des organisations de défense des droits humains et des enquêteurs sur les zones d’ombre qu’elle affirme avoir identifiées.

La société indique disposer de documents issus de ses investigations, mais ne souhaite pas, pour l’heure, révéler les noms des personnes ou entreprises concernés par certaines immatriculations.

Plusieurs questions restent ainsi soulevées par LAnsar Auto : le nombre exact de véhicules saisis, le sort des dix véhicules recherchés, les conditions d’acquisition des 27 véhicules par la Primature et le cadre juridique de cette opération.

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