Sénégal : la CDS charge le régime Pastef et alerte sur une « dérive » de la gouvernance

À l’occasion du deuxième anniversaire de l’accession au pouvoir du parti Pastef, la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) a dressé un bilan très critique de la gestion du pays, lors d’une conférence de presse tenue récemment. Dans une déclaration dense et argumentée, l’organisation évoque une « décadence multiforme de l’État et de la société » et appelle à l’émergence d’une alternative démocratique.

Dès l’entame, la CDS remet en question les promesses initiales du régime, axées sur la « rupture, le redressement et l’espérance ». Deux ans plus tard, le constat dressé par la confédération est sans appel. « Gouverner, ce n’est pas proclamer, c’est transformer », affirme-t-elle, accusant les autorités d’avoir fragilisé le pays plutôt que de le consolider.
Selon l’organisation, le Sénégal fait face à une accumulation de crises imbriquées, révélatrices, à ses yeux, d’une gouvernance marquée par l’improvisation et des tensions persistantes.

Sur le plan économique et financier, la CDS pointe une perte de crédibilité de l’État. Elle évoque une détérioration des relations avec les partenaires techniques et financiers, ainsi qu’une méfiance accrue des investisseurs. Elle regrette notamment l’absence d’un plan de redressement « structuré, lisible et efficace ».

Les critiques s’étendent également à certaines orientations économiques jugées « incohérentes », notamment dans les secteurs du BTP et de la filière arachidière. L’organisation dénonce des décisions perçues comme arbitraires, entre restrictions à l’exportation, fiscalité inadaptée et fixation autoritaire des prix. Une situation qui, selon elle, fragilise le monde rural et accentue les risques de crise alimentaire.

Sur le plan social, la CDS alerte sur une « rupture du contrat social ». Elle avance le chiffre de plus de 30 000 licenciements et évoque des tensions persistantes dans les secteurs de la santé et de l’éducation. La gestion des revendications sociales est jugée répressive, notamment à l’égard des étudiants et de certains travailleurs.

La confédération critique également le fonctionnement des institutions. Elle dénonce une « confusion au sommet de l’État », marquée par des tensions au sein de l’exécutif et un affaiblissement du rôle de l’Assemblée nationale. Elle pointe par ailleurs une focalisation jugée prématurée sur l’élection présidentielle de 2029.

Dans le domaine judiciaire, la CDS estime que la justice est de plus en plus perçue comme « instrumentalisée », ce qui contribuerait à éroder la confiance des citoyens. Elle déplore également une dégradation du débat public, caractérisée par « l’invective et l’insulte », ainsi qu’un appauvrissement du niveau des échanges politiques.

Au chapitre des engagements, la confédération évoque un écart important entre les promesses et leur mise en œuvre. Sur 27 engagements recensés :
22 seraient non réalisés,
4 en cours d’exécution,
1 seul effectivement concrétisé, relatif au déguerpissement des marchands ambulants.

Parmi les promesses jugées non tenues figurent la baisse des prix des denrées alimentaires, la transparence dans la gestion publique, la réduction du train de vie de l’État, l’emploi des jeunes ou encore la résolution durable des inondations.
Face à ce qu’elle qualifie de « trajectoire de décadence », la CDS appelle à un « sursaut national ». Elle plaide pour une mobilisation citoyenne accrue, l’unité des forces démocratiques et la construction d’une alternative politique fondée sur la compétence, la rigueur et l’éthique.

« Le Sénégal mérite l’excellence, la stabilité et la grandeur », conclut l’organisation, qui affirme sa volonté de se préparer activement aux prochaines échéances électorales.

Est-ce que c’est bon pour une article de presse en ligne ?

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