
Le Sénégal subit de plus en plus les effets du changement climatique, avec une hausse des températures estimée à près de 2 °C depuis les années 1950, des précipitations de plus en plus irrégulières et une érosion côtière qui menace environ 25 % du littoral.
Selon une note d’évaluation de la Banque mondiale, cette dégradation environnementale représente un risque majeur pour l’économie nationale.
La zone côtière concentre en effet 52 % de la population sénégalaise et génère près de 68 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.
Un impact économique et social préoccupant
L’institution financière avertit qu’en l’absence de mesures adaptées, le dérèglement climatique pourrait entraîner une baisse du PIB du Sénégal de 1,3 % d’ici 2030 et de 3,9 % à l’horizon 2050.
La Banque mondiale évoque également le risque d’un important déplacement de populations. Près d’un million de personnes pourraient devenir des déplacés climatiques d’ici le milieu du siècle, notamment dans les zones dépendantes de l’agriculture et de la pêche.
Le défi du financement climatique
Face à cette situation, les autorités sénégalaises se sont engagées, à travers la Contribution déterminée au niveau national (CDN), à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 29,5 % d’ici 2030, sous réserve d’un appui international.
Le principal défi reste toutefois le financement des politiques climatiques.
La Banque mondiale estime les besoins du Sénégal à environ 13 milliards de dollars sur la période 2020-2030, avec une nécessité de financement extérieur évaluée à près de 800 millions de dollars par an.
Miser sur les énergies renouvelables et la finance carbone
Pour faire face à ces enjeux, le Sénégal mise sur le développement des énergies renouvelables et sur de nouveaux mécanismes de financement climatique.
Le pays travaille notamment sur une feuille de route dédiée à la mise en place d’une taxe carbone et au développement des mécanismes de compensation internationale, avec l’ambition de devenir un acteur majeur de la finance carbone en Afrique de l’Ouest.





