Réforme du Code du travail : le Patronat réclame de nouvelles concertations

Le Front syndical pour la Défense du Travail a rencontré, lundi 7 septembre 2026, les représentants du Patronat pour échanger sur le climat social et le préavis de grève générale de 72 heures déposé par plusieurs centrales syndicales.

La rencontre s’est tenue au siège du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), en présence de son président, Baïdy Agne, et du président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Abdel Kader Ndiaye.

Au cours des échanges, les secrétaires généraux de plusieurs centrales syndicales, dont Mody Guiro de la CNTS, Yvette Keita de l’UNSAS, Cheikh Diop de la CNTS-FC, Elimane Diouf de la CSA, Ndeye Bakhaw Diongue de la CNTS/FC-A et Mariama Diallo de l’UDTS, ont exposé les principales raisons à l’origine du mouvement de contestation.

Les syndicats dénoncent notamment l’adoption par l’Assemblée nationale du Code du travail et du Code de la sécurité sociale sans, selon eux, l’achèvement préalable des concertations avec les partenaires sociaux. Ils évoquent également la nécessité de préserver la liberté syndicale, les droits fondamentaux des travailleurs et les acquis du dialogue social tripartite, estimant que la Convention 144 de l’Organisation internationale du travail (OIT) n’a pas été respectée.

Les centrales syndicales ont aussi exprimé leurs préoccupations concernant les nouvelles dispositions relatives au contrat à durée déterminée (CDD), ainsi que la gouvernance et l’autonomie de gestion des institutions sociales.

Le Patronat contre une grève générale

Sur le préavis de grève de 72 heures, le Patronat appelle à privilégier la stabilité et la paix sociales, dans un contexte économique jugé difficile pour les entreprises, les travailleurs, l’État et la société civile.

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Pour le CNP et la CNES, une grève générale « n’est pas souhaitable » au regard de ses conséquences potentielles sur l’économie nationale et l’image du Sénégal. Les organisations patronales se disent ainsi favorables à la reprise des concertations tripartites entre l’État, les syndicats et les employeurs.

Sur la procédure d’adoption des deux codes, le Patronat affirme partager « le point de vue et les préoccupations » des centrales syndicales. Il insiste sur la nécessité de préserver la tradition sénégalaise de dialogue social, rappelant que le pays a longtemps été cité en exemple au Bureau international du Travail (BIT) pour la qualité de sa démocratie et de sa justice sociales.

Le CDD de quatre ans contesté

Concernant le contrat à durée déterminée, le Patronat estime que la disposition portant sa durée à quatre ans est susceptible de donner lieu à différentes interprétations et à des contentieux sociaux.

En l’absence de dispositions réglementaires permettant de clarifier cette mesure, il se prononce en faveur du maintien du régime antérieur, soit un CDD de deux ans, renouvelable une fois.

Sur la gouvernance des institutions sociales, le Patronat regrette également que le consensus obtenu lors du Conseil consultatif national du Travail sur plusieurs innovations n’ait pas été pris en compte.

Il estime toutefois que l’État dispose déjà d’importants pouvoirs d’approbation, d’opposition et de substitution, ainsi que d’une présence significative au sein des organes délibérants.

Le Patronat s’est par ailleurs félicité de la directive présidentielle annoncée lors du Conseil des ministres du 2 septembre 2026 concernant la revalorisation des pensions de retraite et la préservation des acquis liés à la gouvernance des institutions de protection sociale.

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À l’issue de la rencontre, les organisations patronales ont réaffirmé leur attachement à la paix et à la stabilité sociales, ainsi qu’à la productivité du travail et à une croissance économique inclusive.

Elles appellent finalement l’État et les centrales syndicales à renouer avec des concertations tripartites « constructives » dans l’intérêt du Sénégal.

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