SAR : les travailleurs réclament un audit des recrutements et menacent de faire grève

Le Collège des délégués du personnel de la Société africaine de raffinage (SAR) hausse le ton. Les représentants des travailleurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme des dérives dans la gestion des ressources humaines et réclament un audit des recrutements effectués au cours des deux dernières années. Ils annoncent également le dépôt prochain d’un préavis de grève.

Lors d’un point de presse tenu mardi, le secrétaire général adjoint du Collège des délégués, Ibrahima Ba, a exposé les principales revendications des travailleurs. Selon lui, plusieurs mois de discussions avec la direction générale n’ont pas permis d’aboutir à des solutions satisfaisantes.

Des recrutements contestés

Au cœur des griefs : la politique de recrutement menée depuis l’arrivée de l’actuel directeur général. Les délégués accusent la direction de procéder à des recrutements qu’ils qualifient d’« abusifs, politiques et népotiques », notamment pour des postes de responsabilité nouvellement créés.

Ils estiment que certains recrutements ne respecteraient pas les procédures en vigueur et pourraient contribuer à alourdir les charges de l’entreprise. Les représentants du personnel évoquent notamment une augmentation du nombre de postes de responsabilité, avec un passage de 7 à 14 directeurs et de 15 à 27 chefs de département, en plus de plusieurs recrutements de cadres.

Les délégués dénoncent par ailleurs une « priorisation abusive des activités supports » au détriment des activités opérationnelles et techniques de la raffinerie, où ils disent constater des besoins en personnel.

Un audit réclamé

Face à ces préoccupations, le Collège des délégués réclame un audit de l’ensemble des recrutements aux postes de management réalisés durant les deux dernières années.

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L’objectif, selon les représentants des travailleurs, serait notamment de vérifier le respect des procédures, d’évaluer l’impact de ces recrutements sur les charges de l’entreprise et de mesurer la pertinence des nouveaux postes créés.

Ils évoquent également des recrutements qui seraient, selon eux, liés à des considérations politiques ou familiales.

Des inquiétudes sur la situation financière

Les travailleurs se disent d’autant plus préoccupés que la SAR constitue, à leurs yeux, un actif stratégique pour la souveraineté énergétique du Sénégal.

Ils rappellent les difficultés financières traversées par l’entreprise au fil des années, notamment la crise de 2020, tout en soulignant les efforts engagés par le personnel et les précédentes directions pour redresser la situation, renforcer l’outil industriel et préparer l’adaptation au traitement du brut sénégalais.

Selon les délégués, ces efforts ont contribué aux résultats positifs enregistrés par la SAR depuis 2021.

Des « signes avant-coureurs » dénoncés

Le Collège des délégués affirme toutefois observer de nouveaux signaux préoccupants. Il cite notamment la reprise des arrêts liés aux ruptures de brut ainsi que l’immobilisation de certains tankers en mer avant leur déchargement, avec des frais de surestaries jugés importants.

Les représentants du personnel mettent également en garde contre une éventuelle utilisation du projet de construction d’une nouvelle raffinerie pour procéder à de nouveaux recrutements qu’ils estimeraient injustifiés.

Un préavis de grève annoncé

Le bras de fer pourrait désormais prendre une nouvelle tournure. Les délégués annoncent leur intention de saisir l’Inspection du travail afin de faire examiner les recrutements qu’ils considèrent comme irréguliers.

Ils prévoient également de déposer un préavis de grève dans les prochains jours, conformément aux dispositions légales.

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À travers cette démarche, les représentants du personnel affirment vouloir défendre les intérêts des travailleurs, mais aussi préserver la santé financière et la pérennité de la SAR, qu’ils considèrent comme un acteur majeur de la souveraineté énergétique du Sénégal.

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