
À Dakar, l’IBP Afrique francophone a réuni plusieurs acteurs du secteur de l’éducation autour d’un dialogue parlementaire consacré au financement du Modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS).
La rencontre vise à consolider les acquis obtenus dans la Loi de finances initiale 2026 et à plaider pour un renforcement des ressources destinées à cette réforme éducative.
Selon Bintou Diagne, cheffe de projet éducation à l’IBP Afrique francophone, l’initiative vise notamment à renforcer la coordination entre les services déconcentrés de l’État et les parlementaires.
« L’objectif de cette rencontre est de favoriser la coordination entre les services déconcentrés, mais aussi avec les parlementaires, et de faire un plaidoyer pour le renforcement du financement du modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal », explique-t-elle.
Sécuriser les acquis budgétaires
La rencontre intervient après l’inscription, dans la Loi de finances initiale 2026, d’une ligne budgétaire dédiée à plusieurs activités liées au MOHEBS.
Cette enveloppe concerne notamment la formation des enseignants, la production de matériel didactique, la communication ainsi que le suivi-évaluation.
Pour l’IBP Afrique francophone, l’enjeu est désormais de sécuriser ces crédits et de veiller à leur mise en œuvre effective.
« L’objectif de cette rencontre est de faire en sorte de sécuriser ces lignes qui sont déjà inscrites au niveau de la Loi de finances initiale, mais aussi d’identifier les besoins et les contraintes liés à la mise en œuvre du MOHEBS », souligne Bintou Diagne.
Les parlementaires appelés à s’engager
L’organisation souhaite également une implication accrue des députés dans le plaidoyer en faveur du financement de la réforme.
Elle attend notamment des parlementaires qu’ils œuvrent à la sécurisation des ressources déjà inscrites au budget 2026, mais aussi à leur augmentation.
« Nous attendons des parlementaires qu’ils s’engagent à faire le plaidoyer pour une sécurisation des lignes qui sont au niveau de la Loi de finances de 2026, mais aussi pour une augmentation du financement dédié au MOHEBS », indique la cheffe de projet éducation.
Le MOHEBS constitue, selon elle, une réforme majeure portée par le ministère de l’Éducation nationale et pilotée par la Direction de l’enseignement élémentaire.
Quatre axes prioritaires
Le modèle repose sur quatre principaux volets : la formation des enseignants, le matériel didactique, la communication et le suivi-évaluation.
Pour l’IBP Afrique francophone, le financement adéquat de ces différents axes est indispensable à une mise en œuvre efficace dans les établissements et les collectivités. L’organisation estime également que le recours aux langues nationales dans les apprentissages peut contribuer à améliorer les performances scolaires.
Diourbel cité en exemple
La région de Diourbel est présentée comme l’un des exemples encourageants de l’impact du MOHEBS.
Selon Bintou Diagne, certaines performances scolaires y ont dépassé 70 % avec la mise en œuvre du modèle.
« Il y a des régions comme Diourbel où, aujourd’hui, avec la mise en œuvre du MOHEBS, les résultats scolaires et les performances ont atteint plus de 70 % », affirme-t-elle.
Pour l’IBP Afrique francophone, ces résultats plaident en faveur d’un élargissement de la réforme à davantage de localités.
Du budget au financement effectif
L’IBP Afrique francophone mène depuis plusieurs années des actions de plaidoyer pour améliorer la performance budgétaire de l’enseignement élémentaire au Sénégal, notamment en collaboration avec la Direction de l’enseignement élémentaire, avec l’appui de la Fondation Gates.
L’organisation a également engagé des échanges avec les commissions de l’Éducation et des Finances de l’Assemblée nationale.
Ces démarches ont contribué à l’inscription d’une ligne budgétaire consacrée à plusieurs activités du MOHEBS dans le budget 2026. Pour Bintou Diagne, la prochaine étape consiste désormais à transformer cet acquis en financement effectif.
« Ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est sécuriser ce que nous avons, afin que les acteurs au niveau déconcentré puissent effectivement en bénéficier », insiste-t-elle.
À travers ce dialogue parlementaire, l’IBP Afrique francophone entend donc maintenir son plaidoyer pour que le MOHEBS dispose de ressources à la hauteur des ambitions de la réforme, avec pour objectif d’améliorer durablement les apprentissages et les performances scolaires au Sénégal.




