Sous l’impulsion des plus hautes autorités du pays, le Sénégal s’apprête à franchir un pas décisif vers une gouvernance plus transparente et responsable. Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ont exprimé à plusieurs reprises leur engagement à doter le pays d’un cadre législatif solide pour la protection des lanceurs d’alerte.
Dans cette dynamique, la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF) a organisé ce jeudi 10 juillet 2025, à Dakar, un atelier de sensibilisation et de formation à destination de trente parlementaires sénégalais. Objectif : outiller ces représentants de la nation à comprendre les enjeux du lancement d’alerte et à contribuer efficacement à l’examen, l’amendement et l’adoption prochaine du projet de loi.
L’initiative présidentielle, confiée au Ministère de la Justice, marque une rupture avec l’indifférence souvent observée à l’égard des lanceurs d’alerte, ces citoyens qui osent dénoncer la corruption, les abus de pouvoir ou les dérives administratives. Le texte de loi est désormais en phase de finalisation et devrait être soumis à l’Assemblée nationale dans les semaines à venir.
Durant une journée complète, les parlementaires ont été initiés aux fondamentaux du lancement d’alerte, à travers des présentations thématiques, des études de cas concrets, et des échanges participatifs. Concrètement, l’atelier visait à :
Clarifier la notion de lanceur d’alerte et les risques encourus ;
Présenter les bonnes pratiques internationales (Directive européenne 2019/1937, loi Sapin II, etc.) ;
Identifier les lacunes du cadre juridique sénégalais ;a Renforcer la capacité des parlementaires à légiférer de manière éclairée.
L’un des enjeux majeurs de la journée : créer un noyau de parlementaires engagés capables de porter politiquement ce texte, d’en suivre la mise en œuvre et d’en défendre la portée auprès de l’opinion publique.
Animé par Marie Paule Conaré et Jimmy Kandé de PPLAAF, l’atelier a permis d’aborder les défis spécifiques au contexte sénégalais : pressions politiques, manque de dispositifs de soutien, crainte de représailles. Des sessions interactives ont permis aux élus de partager leurs questionnements et d’élaborer des propositions concrètes pour alimenter le futur texte de loi.
L’approche comparative – notamment avec la législation ghanéenne – a également permis de tirer des leçons des expériences africaines et européennes, tout en évitant certains écueils constatés ailleurs.
Pour le Sénégal, l’adoption d’une loi de protection des lanceurs d’alerte constituerait une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et la consolidation de l’État de droit. Elle permettrait également de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions publiques, un enjeu crucial dans un contexte de transition politique et de forte demande sociale de justice.
La Fondation Heinrich Böll Stiftung (HBS), partenaire financier de l’événement, accompagne cette initiative qui pourrait inspirer d’autres pays de la région ouest-africaine.
La journée s’est achevée par une remise d’attestations de participation, une évaluation des acquis, et un moment de convivialité autour d’un cocktail. Pour les organisateurs, cet atelier marque le début d’un partenariat durable entre PPLAAF, les institutions sénégalaises et les parlementaires, afin de faire émerger une législation ambitieuse, protectrice et adaptée aux réalités nationales.
A.T SOW









