
Le gouvernement a engagé des concertations avec les acteurs des filières confrontées à la hausse des prix de certains produits. La viande, les légumes, le poisson et les loyers sont au cœur des discussions. L’objectif est d’identifier des mesures immédiates, mais surtout de mettre en place des solutions structurelles pour mieux maîtriser les prix et garantir un approvisionnement régulier du marché.
La hausse des prix observée ces derniers mois préoccupe les autorités sénégalaises. Pour y faire face, le ministère de l’Industrie et du Commerce, en collaboration avec les départements chargés de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a lancé des concertations avec les principaux acteurs des secteurs concernés.
Selon Seydouna Aboubakar Sadikh Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, il ne s’agit toutefois pas d’une hausse généralisée. Les tensions concernent principalement certains produits saisonniers, notamment la viande, les légumes et le poisson.
« Il ne s’agit pas d’une hausse généralisée », a-t-il expliqué, estimant que la situation actuelle diffère de celle observée en 2017. Les fluctuations seraient principalement liées à la saisonnalité et au rétrécissement de l’offre.
Quatre comités pour établir un diagnostic
Pour mieux cerner les causes des hausses et proposer des réponses adaptées, quatre comités ont été mis en place. Ils sont consacrés respectivement à la viande, aux légumes, au poisson et au loyer.
Ces structures réunissent les différents acteurs des chaînes concernées, notamment les producteurs, les pêcheurs, les commerçants et les distributeurs. Les ministères de tutelle assurent la présidence des comités, tandis que le secrétariat est assuré par les services de la Direction du Commerce intérieur.
Leur mission est double : établir un diagnostic précis et identifier des mesures pouvant être appliquées rapidement. Les autorités souhaitent également s’attaquer aux causes structurelles des tensions sur les prix, au-delà des réponses conjoncturelles.
Viande : l’offre sous pression
Dans la filière viande, le rétrécissement de l’offre est présenté comme l’une des principales causes de la hausse des prix. La situation au Mali, partenaire important dans l’approvisionnement du Sénégal, contribue notamment à cette pression sur le marché.
Le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce cite l’exemple du prix du bétail : « Lorsqu’un bœuf qui coûtait 400 000 francs coûte aujourd’hui 600 000 francs, cette hausse se répercute nécessairement sur le prix final payé par le consommateur. »
Poisson : l’hivernage complique les débarquements
La filière halieutique connaît également des difficultés. Pendant l’hivernage, les conditions en mer deviennent plus difficiles pour les pêcheurs, qui doivent parfois s’éloigner davantage des côtes pour trouver du poisson.
Cette situation, conjuguée à la raréfaction de la ressource, contribue à réduire l’offre disponible sur les marchés et à exercer une pression sur les prix.
Légumes : la saisonnalité pèse sur l’offre
Dans le secteur horticole, la baisse des rendements durant l’hivernage constitue un autre facteur de tension. La diminution de l’offre entraîne une augmentation des prix de certains légumes.
Pour les autorités, cette situation souligne la nécessité de renforcer les capacités de stockage et de conservation afin de mieux réguler l’offre tout au long de l’année.
Riz, huile, sucre, farine et pain : des prix maintenus
Le ministère de l’Industrie et du Commerce souligne par ailleurs que les produits dont les prix sont homologués par l’État n’ont pas connu de hausse récente.
Le riz, l’huile, le sucre, le ciment, la farine et le pain figurent parmi les produits concernés. Selon Seydouna Aboubakar Sadikh Ndiaye, leurs prix sont restés stables et se situent même, pour certains, à un niveau inférieur à celui de 2024.
Cette stabilité est attribuée au dispositif de contrôle et d’homologation des prix mis en place par l’État.
Loyers : les conflits entre bailleurs et locataires au centre des discussions
La question du logement figure également parmi les sujets abordés lors des concertations. Les autorités font état d’une recrudescence des conflits entre bailleurs et locataires, notamment en raison d’augmentations de loyers ou du non-respect de la réglementation.
Le comité consacré au loyer devra identifier les principales difficultés rencontrées par les deux parties et formuler des propositions adaptées.
Vers un plan national de réponse
Au-delà des mesures d’urgence, le gouvernement entend privilégier une approche structurelle. Il prévoit notamment de renforcer les capacités de stockage, en particulier les chambres froides, afin de disposer de stocks suffisants durant les périodes de baisse de la production ou des captures.
« Il ne faut pas croiser les bras », estime le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, qui plaide pour une meilleure anticipation des périodes de tension.
À l’issue des concertations, les quatre comités devront formuler des propositions qui serviront de base à l’élaboration d’un plan national de réponse à la vie chère. Ce document sera ensuite soumis à la validation du Premier ministre.
L’enjeu pour les autorités est désormais de transformer les constats du terrain en mesures concrètes capables de soulager les consommateurs à court terme, tout en renforçant durablement la sécurité et la régularité de l’approvisionnement du marché sénégalais.




