Entreprises et droits humains : le Sénégal prépare la validation de son plan d’action national

Le Sénégal s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’encadrement des relations entre activités économiques, respect des droits humains et protection de l’environnement. Le Plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’homme, dont la validation technique a été achevée en septembre 2025, doit prochainement passer à l’étape de la validation politique.

L’annonce a été faite mardi par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Moussa Sarr, à l’ouverture du cinquième Forum africain sur les entreprises et les droits de l’homme. Prévue du 29 septembre au 1er octobre, la rencontre met cette année l’accent sur le droit à un environnement propre, sain et durable ainsi que sur la responsabilité des entreprises dans sa promotion.

Un cadre dans un contexte économique en mutation

L’élaboration de ce plan intervient dans un contexte marqué par une évolution importante de l’économie sénégalaise, notamment avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.

Cette nouvelle donne renforce les questions liées à la responsabilité des entreprises, à la protection des communautés et à la préservation des écosystèmes. Pour les autorités, l’enjeu est notamment de veiller à ce que les activités économiques et la recherche de croissance prennent en compte les droits fondamentaux et les impératifs environnementaux.

Le futur plan devrait ainsi permettre d’intégrer davantage les droits humains et la protection de l’environnement dans les politiques économiques et sociales. Une attention particulière est accordée aux secteurs considérés comme sensibles, notamment les industries extractives.

Une élaboration fondée sur la concertation

Le processus d’élaboration du document, lancé en 2023, s’est appuyé sur une démarche participative réunissant plusieurs catégories d’acteurs.

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Institutions publiques, entreprises, organisations syndicales, organisations de la société civile, communautés locales et experts ont été associés aux différentes étapes du processus. Cette concertation vise notamment à mieux prendre en compte les préoccupations liées aux activités économiques et à renforcer les mécanismes de prévention des atteintes aux droits humains.

Le plan s’inscrit également dans le prolongement de certaines recommandations issues du quatrième cycle de l’Examen périodique universel des Nations unies, notamment celles relatives au renforcement de la gouvernance des secteurs économiques sensibles.

Une dynamique déjà engagée en Afrique

Avec ce projet, le Sénégal entend rejoindre plusieurs pays africains ayant déjà adopté des plans d’action nationaux sur les entreprises et les droits de l’homme.

Le Kenya, l’Ouganda, le Nigeria, le Liberia et le Ghana figurent notamment parmi les pays cités comme références sur le continent.

Cette dynamique intervient alors que les pays africains cherchent à attirer des investissements tout en renforçant les exigences liées à la responsabilité sociale des entreprises, au respect des droits humains et à la protection de l’environnement.

L’enjeu de la mise en œuvre

La validation politique du plan constituera une étape importante, mais son application concrète représentera un autre défi. Il s’agira notamment de traduire ses orientations dans les politiques publiques, les pratiques des entreprises et les mécanismes de protection des populations.

Dans le contexte de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, les questions de transparence, de responsabilité des acteurs économiques, de protection des communautés et de préservation de l’environnement sont appelées à occuper une place importante dans le débat public.

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À travers cette démarche, le ministère de la Justice entend contribuer à une meilleure articulation entre développement économique, justice sociale, protection de l’environnement et respect des droits humains.

Pour Moussa Sarr, cette réflexion doit également s’inscrire dans une perspective plus large, celle d’une Afrique capable de définir les contours de son propre modèle de développement et d’en maîtriser les principaux leviers.

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