
À l’approche des Jeux de Dakar 2026, les acteurs du sport, les pouvoirs publics, le système des Nations Unies et les organisations de la société civile renforcent leur mobilisation contre les violences basées sur le genre dans le milieu sportif. Réunis dans le cadre d’un atelier consacré au renforcement des capacités, ils ont réaffirmé leur volonté de faire du sport un espace sûr, inclusif et respectueux des droits humains.
Le sport doit rester un espace d’épanouissement, de cohésion, de solidarité et de promotion des valeurs humaines. C’est le message qui s’est dégagé de cette rencontre consacrée à la prévention et à la lutte contre les violences et les discriminations à l’égard des femmes et des filles dans le milieu sportif.
La campagne « Carton rouge » contre les violences
Représentant résident au Sénégal du Réseau de la Renaissance Africaine et de la Diaspora (ARDN), Ibrahima Faye a présenté la campagne « Carton rouge », une initiative portée par le Dr Djibril Diallo et lancée en 2019 à l’occasion de la Coupe du monde féminine de football en France.
Depuis son lancement, la campagne s’est déployée dans plusieurs pays et continents, avec notamment des activités au Sénégal, en Éthiopie, au Tchad, en République démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire.
Selon Ibrahima Faye, l’initiative poursuit deux objectifs majeurs : « donner un carton rouge contre toutes les formes de violences et de discriminations à l’égard des femmes et des filles », mais aussi contribuer à leur autonomisation afin qu’elles puissent bénéficier des mêmes opportunités que les hommes.
De retour au Sénégal en 2026, dans le contexte particulier de l’organisation des Jeux de Dakar, la campagne entend faire du sport un levier de transformation sociale et promouvoir un environnement permettant aux femmes et aux filles de pratiquer, progresser et exceller dans toutes les disciplines sans subir de violences ni de discriminations.
Prévention, signalement et protection des victimes
Présente au nom du système des Nations Unies au Sénégal, Sylvie Bertrand, représentante régionale de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) à Dakar, a souligné l’importance de cette mobilisation à l’approche des Jeux de Dakar 2026.
Elle a rappelé que le sport constitue un espace privilégié d’épanouissement, de santé et de développement pour la jeunesse, tout en pouvant être fragilisé par les violences, les abus et les discriminations.
« Le sport, c’est un endroit pour s’épanouir, c’est un espace santé », a-t-elle notamment souligné, insistant sur la nécessité de protéger les jeunes et de garantir leurs droits.
Pour la représentante de l’ONUDC, la prévention constitue une étape essentielle, mais elle doit être accompagnée de mécanismes efficaces permettant de signaler les violences, d’accompagner les victimes et d’assurer une réponse appropriée.
Elle a ainsi plaidé pour des systèmes de protection capables d’apporter un soutien aux jeunes victimes d’abus et de faire en sorte que les actes de violence ne restent pas sans réponse.
La mobilisation de plusieurs ministères, fédérations sportives, entraîneurs, athlètes, associations et acteurs de la presse sportive constitue, selon elle, un signal encourageant.
« La violence n’a pas sa place dans le sport »
Représentant le ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Dr Rokhaya Diakhate, directrice de la Famille, a également insisté sur l’importance de cette initiative.
Elle a rappelé que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles figure au cœur des missions de son département. Un nouveau plan d’action national consacré à la lutte contre ces violences vient par ailleurs d’être validé politiquement.
Ce document prend en compte plusieurs formes de violences, notamment les violences sexuelles, physiques et psychologiques, le harcèlement, les abus, le cyberharcèlement et les violences économiques. Les violences susceptibles de survenir dans le milieu sportif sont également intégrées à cette démarche.
Pour Dr Diakhate, le message porté par l’atelier est sans ambiguïté : la violence n’a pas sa place dans le sport.
« Les terrains de sport sont des espaces d’épanouissement, de mise en forme, de cohésion et de solidarité », a-t-elle rappelé, appelant les différents acteurs à maintenir leur mobilisation.
Une responsabilité collective à l’approche de Dakar 2026
Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’une action collective. La lutte contre les violences basées sur le genre dans le sport ne peut être portée par un seul acteur.
Pouvoirs publics, système des Nations Unies, organisations internationales, fédérations sportives, entraîneurs, athlètes, associations, médias et autres composantes du mouvement sportif sont ainsi appelés à unir leurs efforts pour prévenir les violences, protéger les victimes et promouvoir une véritable culture du respect.
La présence et la mobilisation de structures telles que le 12e Gaïndé, les fédérations sportives et la presse spécialisée illustrent cette volonté d’agir de manière concertée.
À l’horizon des Jeux de Dakar 2026, le message porté par les différents intervenants est donc clair : les femmes et les filles doivent pouvoir pratiquer le sport, développer leurs talents, décrocher des médailles et construire leur avenir dans un environnement sûr et respectueux.
Dakar 2026 représente ainsi une occasion de faire du sport non seulement une vitrine de la performance africaine, mais également un instrument de promotion de l’égalité, de protection de la jeunesse et de défense des droits humains.




