Aquaculture : l’Afrique mise sur la coopération pour renforcer sa sécurité alimentaire

Réunis à Dakar dans le cadre de l’Atlantic Aquaculture Forum, des chercheurs, des institutions et des professionnels du secteur plaident pour une coopération renforcée entre les pays de l’espace atlantique. L’ambition est de développer une aquaculture durable et compétitive, capable de répondre aux besoins alimentaires du continent, de préserver les ressources halieutiques et de favoriser la création d’emplois.

Dakar accueille l’Atlantic Aquaculture Forum, une rencontre organisée par l’Atlantic International Research Centre (AIR Centre), une organisation basée au Portugal et engagée dans la coopération scientifique internationale dans l’espace atlantique. Ce rendez-vous s’inscrit dans une semaine d’échanges consacrée au développement de l’aquaculture, à la recherche marine et aux perspectives de collaboration entre les acteurs du secteur.

Au cœur des discussions figure la nécessité de renforcer les liens entre la recherche scientifique, les investisseurs, les professionnels de l’aquaculture et les institutions publiques. Pour les participants, cette synergie est indispensable pour développer une filière durable, compétitive et génératrice d’emplois.

Directeur exécutif de l’AIR Centre, Miguel Miranda a insisté sur l’importance de la coopération entre les pays riverains de l’Atlantique, notamment dans les domaines de la recherche océanique et du climat. Il a également exprimé le souhait de voir le Sénégal devenir membre officiel de l’organisation, soulignant son expérience maritime et ses compétences dans les technologies océaniques.

« Le Sénégal est un pays fondamental de l’Atlantique », a-t-il déclaré, mettant en avant l’intérêt du partage des connaissances, des compétences scientifiques et des ressources pour répondre aux défis communs.

La sécurité alimentaire au cœur des enjeux

Face à la pression croissante sur les ressources halieutiques et à l’augmentation de la demande en protéines, l’aquaculture apparaît comme un levier stratégique pour renforcer l’approvisionnement alimentaire. La sécurité et la souveraineté alimentaires figurent ainsi parmi les principales préoccupations soulevées lors du forum.

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Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) évoquées au cours des échanges soulignent la place grandissante de l’aquaculture dans l’alimentation mondiale. À l’échelle internationale, cette activité a pris une importance majeure dans la production d’animaux aquatiques, renforçant son rôle dans la satisfaction des besoins alimentaires.

L’Afrique reste toutefois confrontée à des défis importants pour développer cette filière. Malgré ses ressources naturelles et ses besoins alimentaires croissants, le continent ne représente qu’une part limitée de la production aquacole mondiale.

Pour les acteurs du secteur, cette situation appelle à renforcer les investissements, la formation professionnelle ainsi que les capacités scientifiques et techniques, en tenant compte des réalités et des besoins propres aux pays africains.

Recherche et investissements : des leviers essentiels

L’un des objectifs de l’Atlantic Aquaculture Forum est de rapprocher les différents maillons de la chaîne de valeur. Chercheurs, investisseurs, entreprises et institutions publiques sont ainsi appelés à conjuguer leurs efforts pour favoriser l’émergence de projets économiquement viables et respectueux de l’environnement.

Le partage des connaissances et des expériences entre les pays constitue également un enjeu majeur. Les différences de capacités scientifiques, techniques et financières entre les nations renforcent l’intérêt de partenariats permettant de mutualiser les compétences et de faciliter le transfert de technologies.

Les échanges organisés à Dakar, notamment avec les réseaux d’instituts de recherche marine et aquacole, visent ainsi à consolider les synergies entre les acteurs de l’espace atlantique.

Au-delà des retombées économiques, les participants mettent en avant les effets attendus sur l’emploi, les revenus des populations et l’accès à des produits aquatiques de qualité.

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La souveraineté maritime, un enjeu stratégique

Pour Miguel Miranda, les enjeux liés à l’océan dépassent la seule question de la production alimentaire. La souveraineté maritime constitue également une priorité pour les États, notamment en matière de surveillance, de protection des espaces maritimes et de préservation des ressources.

Dans cette perspective, les technologies spatiales et les capacités de recherche peuvent contribuer à améliorer la surveillance des eaux, à mieux connaître les ressources disponibles et à soutenir le développement économique des pays côtiers.

Le directeur exécutif de l’AIR Centre défend ainsi une approche fondée sur la coopération entre les États, tout en soulignant l’importance pour chaque pays de renforcer ses propres capacités scientifiques et technologiques.

À travers ce forum, les participants entendent promouvoir une vision commune de l’Atlantique, reposant sur l’innovation, le partage des connaissances et la coopération entre les peuples.

Pour l’Afrique, l’enjeu est désormais de traduire ces ambitions en investissements concrets, en transfert de compétences et en capacités de production accrues. L’objectif est de faire de l’aquaculture un levier durable de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement économique.

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