Finances publiques : Demba Seydi appelle à auditer la dette et à renforcer la justice fiscale

Le redressement des finances publiques ne devrait pas reposer essentiellement sur une hausse de la pression fiscale sur les citoyens. C’est la position défendue par Demba Seydi, directeur des programmes de CAJUST, qui plaide pour une meilleure maîtrise des dépenses publiques, un audit de la dette et une mobilisation de nouvelles sources de recettes.

Pour une fiscalité plus équitable

La question de la justice fiscale occupe une place centrale dans son analyse. Demba Seydi estime qu’une augmentation de la pression fiscale sur les populations, sans répartition plus équitable de l’effort contributif, pourrait accentuer les inégalités.

« Si aujourd’hui on surcharge les citoyens et les populations en matière fiscale, naturellement, cela crée une injustice, ce qu’on appelle une iniquité fiscale », estime-t-il.

Selon lui, la société civile doit continuer à porter le débat sur l’équité du système fiscal et sur la répartition de l’effort entre les différentes catégories de contribuables.

Demba Seydi plaide pour un audit de la dette

Sur la dette publique, le responsable de CAJUST reconnaît que l’État reste tenu par ses engagements financiers. Il estime toutefois que le remboursement de la dette doit être concilié avec le financement des missions essentielles de l’État et des services destinés aux populations.

Dans cette perspective, il préconise une renégociation de la dette, mais surtout la réalisation d’un audit permettant d’en examiner la nature, la légitimité et les conditions de contraction.

« Il faudrait auditer cette dette », insiste-t-il, rappelant que CAJUST a participé au collectif ayant demandé la réalisation d’un tel audit.

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Pour Demba Seydi, cet exercice devrait notamment permettre de distinguer les engagements dont la légitimité est établie de ceux qui nécessitent un examen plus approfondi.

« L’État doit faire des efforts d’abord »

Pour contribuer au redressement des finances publiques, Demba Seydi estime que l’État doit également agir sur ses propres dépenses.

Il appelle ainsi à une rationalisation des dépenses publiques et à une hiérarchisation plus stricte des priorités.

« Tout ce qui est dépenses accessoires, non essentielles, devrait être mis en seconde position », affirme-t-il.

Le directeur des programmes de CAJUST estime également nécessaire de réexaminer certaines exonérations et facilités fiscales accordées aux entreprises, notamment aux multinationales.

Selon lui, ces dispositifs doivent être évalués afin de mesurer leur pertinence et leur impact réel sur l’économie nationale et les recettes publiques.

De nouvelles sources de recettes à explorer

Demba Seydi appelle par ailleurs à élargir l’assiette fiscale et à identifier de nouvelles sources de revenus pour l’État.

Il cite notamment les secteurs liés à l’environnement et à la fiscalité carbone, qu’il considère comme des pistes pouvant contribuer davantage à la mobilisation des ressources publiques.

Mais pour lui, le redressement financier ne peut pas être uniquement abordé sous l’angle fiscal.

« La question n’est pas que fiscale d’abord », souligne-t-il, en appelant à renforcer les investissements dans les secteurs capables de créer de la richesse, de l’emploi et de nouvelles ressources pour l’économie.

Miser sur l’investissement productif

Le responsable de CAJUST estime enfin que les transferts sociaux et les mécanismes de soutien direct aux populations, bien qu’importants, ne peuvent à eux seuls répondre durablement aux difficultés économiques.

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Il plaide donc pour une politique davantage orientée vers l’investissement productif, la création de richesses et l’élargissement des ressources publiques.

Pour Demba Seydi, le défi consiste ainsi à trouver un équilibre entre justice fiscale, maîtrise des dépenses publiques, gestion soutenable de la dette et investissement dans les secteurs productifs.

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