
La coopération entre le Sénégal et la Mauritanie autour de la vallée du fleuve Sénégal franchit une nouvelle étape. Les deux pays entendent renforcer la coordination de leurs actions en faveur du développement et de la résilience des territoires riverains, dans le cadre du Programme de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal (PRDC-VFS).
La première réunion du Comité régional de coordination (CRC) s’est tenue mardi à Dakar en présence des principaux acteurs engagés dans la mise en œuvre du programme, soutenu financièrement par la Banque mondiale à hauteur de près de 90 milliards de francs CFA.
Au cœur des échanges : la nécessité de mieux articuler les interventions menées de part et d’autre de la frontière. Collectivités territoriales, administrations publiques, communautés locales et partenaires au développement sont appelés à renforcer leur collaboration afin d’apporter des réponses adaptées aux réalités des populations de la vallée.
Des défis communs aux deux rives
Pour Dakar comme pour Nouakchott, le développement de la vallée du fleuve Sénégal passe par une approche concertée. Les populations des deux rives sont confrontées à des défis similaires, notamment en matière d’accès à l’eau, d’adaptation au changement climatique, d’infrastructures rurales et de développement des activités économiques.
L’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes figurent également parmi les priorités. Dans cette perspective, les deux pays souhaitent soutenir des initiatives susceptibles de renforcer durablement les économies locales.
L’agriculture irriguée, l’élevage ainsi que la valorisation et la transformation des productions agricoles font partie des secteurs identifiés pour bénéficier d’une coopération accrue.
Des mécanismes de coopération au niveau local
La création de groupements locaux de coopération transfrontalière doit permettre de rapprocher davantage le programme des territoires concernés.
Ces structures auront notamment vocation à faciliter les échanges entre les collectivités frontalières et à favoriser la mise en œuvre d’actions répondant directement aux besoins des populations. L’ambition est ainsi de faire de la coopération transfrontalière un véritable levier de développement local.
Le ministre sénégalais des Infrastructures, Déthié Fall, a insisté sur la nécessité d’une implication coordonnée des collectivités territoriales, des services de l’État et des communautés dans la mise en œuvre des différentes composantes du programme.
Un dispositif commun de suivi
Côté mauritanien, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Mohamedou Ould M’Haïmid, a souligné l’importance d’une action collective face aux défis auxquels la vallée est confrontée.
La mise en place du Comité régional de coordination doit notamment permettre d’améliorer le suivi des activités, de renforcer les échanges entre les différents intervenants et d’anticiper les éventuelles difficultés susceptibles de ralentir l’exécution du programme.
Avec ce nouveau dispositif, Dakar et Nouakchott veulent renforcer l’intégration des territoires de la vallée du fleuve Sénégal et mieux articuler leurs politiques de développement.
Le lancement officiel des activités du CRC, en présence des autorités administratives et territoriales des deux pays, des représentants de la Banque mondiale et des responsables nationaux du PRDC-VFS, marque ainsi le début de la phase opérationnelle de cette nouvelle dynamique de coopération transfrontalière.




